SULAWESI Une île et deux bicyclettes

Macassar, le 23 octobre 2011

 

 

Le vent m'a dit

Sur la longue plage de sable blanc, la mer avait malicieusement déposé toutes les scories et écorchures dont elle ne voulait plus. Le vieil homme à la peau ridée choisissait les bouteilles plastique qu'il ajoutait au contenu de son sac. En trois vagues innocentes la mer avait effacé les traces laissées par les pieds du vieil homme.

Le vent et la mer resteront les maîtres du temps et les hommes passeront.

Le vent est venu hier me chuchoter à l'oreille : " étranger, nous effacerons tes pas et nous t'oublierons ".

Mes voyages sont des rencontres et l'éphémère les sublime.

Demain, aux Moluques, les vents de décembre démonteront la mer et feront danser les bateaux, comme des brindilles. Les volcans de Tidore et Ternate en riront peut-être. Les thons rouges du golfe de Tomini seront en des lieux plus hospitaliers et Yance l'intrépide pêcheur de Balantak fera disette quelques mois.

Truma, le chercheur d'or de Toili, s'acharnera encore , comme les autres, au fond d'un nouveau trou boueux, plus prometteur et Arsin, le chef d'entreprise triomphant négociera à la hausse sa livraison mensuelle d'huile de palme.

Demain viendra la pluie et renaîtront les rizières.

Le vent m'a dit "étranger tu n'es que de passage, je soufflerai encore plus fort pour faire tourner la terre. Un jour peut-être, les gens d'ici pourront voyager à l'autre bout du monde. Comme toi étranger".



Publié à 16:51, le 24 octobre 2011, Makassar
Mots clefs : Daniel Légatsulawesiindonésiecycloplagevélo


Bira, le 20 octobre 2011

 
Anto, 30 ans, charpentier de marine

Ils sont sept charpentiers à s’affairer à l’ombre du grand bateau Bugis qui est planté dans le sable, sous les cocotiers de la plage de Marumasa à côté de la station balnéaire de Bira. Il faudra un an avant que l’œuvre collective ne vogue sur les flots. Anto est venu de la grande île de Bornéo pour travailler sur le chantier. Voici cinq ans qu’il développe son savoir-faire, sept jours par semaine, douze mois par an. Pas de répit lorsque le carnet de commande est plein. Dans trois mois le beau bateau Bugis, construit selon les méthodes ancestrales, voguera au large de Bali



Publié à 10:35, le 22 octobre 2011, Makassar
Mots clefs : daniel Légatcyclobugissulawesi


Sinjai,le 19 octobre 2011

Bukan main

Sur l’île de Sulawesi, le cyclo est une denrée rare pour ne pas dire exceptionnelle. La présence de deux cyclos chargés comme des mules et dont la date de naissance correspond à celle de l’année de l’indépendance du pays, étonne plus d’un Indonésien.-          Umur berapa ?  Que âge avez-vous ?-         Enam puluh lima. Soixante cinq ans.-          Bukan main ! J’y crois pas !L’interlocuteur fait alors claquer sa langue deux fois, émet un sifflement pour marquer à la fois son étonnement et son admiration. Puis il fait quelques pas en claudiquant pour mimer à sa manière le déplacement d’un Indonésien impotent et fatigué.-          “Di Indonesia,orang yang umur enam puluh lima, makan tidur“ A 65 ans en Indonésie, c’est manger dormir, C’est tout !“Pour comprendre l’incompréhensible l’interlocuteur pose invariablement la question qui lui brûle les lèvres. -          Obat ? Médicament ?L’interlocuteur gardera son point d’interrogation en pleine figure . . . et son désarroi.

Publié à 09:49, le 21 octobre 2011, Makassar
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Kolaka, le 19 octobre 2011

Cliquer sur le lien suivant pour en savoir plus

http://www.youtube.com/watch?v=vdJdzjTYa3s



Publié à 13:37, le 19 octobre 2011, Kolaka
Mots clefs :


Kolaka, le 19 octobre 2011

Dion, 42 ans, 3 enfants, chauffeur de taxi à Kolaka

“Encore 12 mois à rembourser 4,5 Millions de roupies par mois puis je serai propriétaire de ma voiture“. Dion, chauffeur de taxi longue distance est confiant en l’avenir. Ce matin, au lever du jour, il bouclait sa première course depuis Kolata, son lieu de résidence, vers Kendari, à 180 km. 270 000 Rp pour le voyage aller et 350 000 pour le voyage retour.. Il lui faut déduire le cout de l’essence, soit 100 000 Rp par voyage. Bilan de la journée 450 000 Rp soit 35 euros hors frais d’entretien de sa Daihatsu. Il fait bon être chauffeur de taxi en Indonésie.

“Je pourrais faire la route les yeux fermés“ mime Dion qui, en douze ans de carrière, n’a jamais fait un autre itinéraire.

 



Publié à 13:19, le 19 octobre 2011, Kolaka
Mots clefs : cyclosulawesiportraitDaniel Legat


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